Ali et Amir, les parents de Mawda, ont appris l’arrestation du conducteur ce matin, via la presse. Selma Benkhelifa, leur avocate, s’en offusque… Même si ça ne l’étonne presque plus. Pour rappel, quand leur petite fille est décédée, après avoir reçu une balle dans la joue, ses parents étaient derrière les barreaux. Ils n’avaient pas été autorisés à monter dans l’ambulance. “Nous n’avons pas encore eu une longue discussion”, rétorque-t-elle, sur la possibilité pour les parents de demander le statut de victimes de trafic d’êtres humains. “Evidemment, nous sommes contents de voir que l’enquête avance. Mais on espère qu’elle ne s’arrêtera pas qu’à cette personne.”

Pour l’avocate, le conducteur de la fourgonnette pourrait n’être qu’un des maillons de la chaîne du trafic d’êtres humains. “Une petite main qui paie le réseau en nature en conduisant la camionnette, parce qu’il n’a pas l’argent pour se payer le voyage jusqu’en Angleterre. Ca ne fait pas de lui le chef du réseau”. Selon notre enquête sur les réseaux de trafiquants d’êtres humains, cette pratique n’est en effet pas rare. Le parquet crierait-il donc victoire trop vite ? “Ils ont trouvé le conducteur. Et alors ? Il ne représente pas le réseau, qui peut par ailleurs en trouver des centaines d’autres, de chauffeurs. Ca ne règle en rien le problème que pose le trafic d’êtres humains”, ajoute-t-elle, amère.

Même son de cloche chez Laurent Kennes, l’avocat du policier qui a tiré. “Cette arrestation est une bonne chose et j’espère qu’il va collaborer. Evidemment, il est responsable de ses actes. Mais la crainte dans ce genre de cas, comme dans un tas d’affaires de traite ou de trafic d’êtres humains, c’est que cet homme ne soit qu’un rouage… C’est en tout cas ce que son profil laisse croire.”

Le procureur général de Mons, Ignacio de la Serna, a déclaré à la VRT que s’il apparaît que l’homme est bien le chauffeur de la camionnette, il serait tenu pour responsable du décès.